Ces jeunes sont des habitants de Saint-Ouen, qui grandissent dans leur ville, qui occupent leur quartier comme ils en ont le droit. Les verbaliser pour cela, c'est leur envoyer un message clair : vous n'avez pas votre place ici. C'est une violence ordinaire, silencieuse, que la mairie PS normalise à coups de PV, 48 000 en 2025, tout en la présentant comme de la sécurité.
Quand l'ordre public remplace la justice sociale
Le problème, c'est que cette logique de la gestion de l’espace public par la mairie ne s'attaque pas au problème. Face aux trafics qui persistent, la fracture entre la police et les habitants se creuse. Alors la mairie surenchérit : 35 policiers municipaux, près de 1 000 caméras. Mais une caméra n'est pas un agent de terrain. Elle ne répond pas à un appel, n'intervient pas dans une situation de danger, ne rassure pas une personne âgée qui rentre seule le soir, ne connaît pas les habitants par leur prénom. Elle enregistre. Elle identifie après les faits. Elle ne prévient rien et ne crée aucun lien social.
L'été dernier, la mairie a franchi un cap supplémentaire en instaurant un couvre-feu pour les moins de 16 ans entre 23h30 et 6h du matin, contesté en justice par la Ligue des droits de l'Homme. Un couvre-feu est une violence faite à la jeunesse : en la traitant comme un problème à contenir plutôt que comme une génération à accompagner, on l'empêche de s'épanouir et de trouver sa place dans la ville.
Ce que cette politique révèle, au fond, c'est une confusion profonde : celle qui consiste à prendre des habitants, pour des menaces à neutraliser. Or ce n'est pas de l'insécurité qu'ils produisent. C'est la disparition des services publics et des perspectives d’avenir qu'ils subissent.
Notre vision est radicalement différente.
Nous refusons de traiter la jeunesse comme un problème d'ordre public. Nous voulons lui donner les moyens de s'épanouir.
Cela passe par une police de proximité ancrée dans les quartiers : des agents qui connaissent les habitants, qui dialoguent avec eux, qui interviennent sur les situations réellement dangereuses plutôt que de verbaliser des adolescents regroupés en bas d'un immeuble. La confiance entre la police et la population ne se décrète pas, elle se construit dans la durée, sur le terrain.
Cela passe par un accompagnement réel de la jeunesse : des éducateurs de rue présents, des maisons de quartier vivantes et financées, des activités accessibles à tous. Un jeune qui a un projet, un espace pour se retrouver et quelqu'un qui l'écoute n'a pas besoin d'être chassé de la rue par un couvre-feu.
Cela passe par l'insertion professionnelle concrète. Saint-Ouen concentre des taux de chômage parmi les plus élevés de la région. Sans perspective d'emploi, rien ne changera durablement. Nous portons des dispositifs ambitieux en lien avec les entreprises locales et les structures d'économie solidaire.
Enfin, cela passe par la reconquête de l'espace public par l'occupation positive : des terrains de sport ouverts, des jardins partagés, une vie culturelle accessible à tous. Quand l'espace public appartient vraiment à tous les habitants, il cesse d'appartenir aux trafics.
Saint-Ouen doit être à la hauteur et s’engager pour donner des moyens d’émancipation réels à ses habitants.
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