Des menus végétaux dans les cantines. Deux choix distincts seront proposés : un menu omnivore et un menu 100 % végétal, et non simplement végétarien. Car remplacer la viande par du fromage ou des œufs ne change presque rien sur le plan écologique, éthique ou sanitaire. Cette transparence permet aux enfants et à leurs parents de faire un choix éclairé, et d'opter, s'ils le souhaitent, pour l'alternative la plus juste, la plus saine et la plus respectueuse du vivant.
Le végétarisme est un pas dans la bonne direction, et nous le respectons comme tel. Mais il ne suffit pas à lui seul. Les produits laitiers et les œufs sont aujourd'hui massivement utilisés dans les préparations industrielles et artisanales : le beurre apporte des graisses saturées, les œufs servent à lier ou colorer, le lait à créer un effet crémeux. Or ces usages ajoutent du cholestérol et souvent des résidus d'antibiotiques, sans avantage nutritionnel face aux alternatives végétales. Ces pratiques ne sont pas marginales : selon l'ANSES (INCA3, 2017), plus de 60 % des œufs consommés en France le sont sous forme d'ingrédients transformés. Pour les produits laitiers, le constat est similaire : selon le CNIEL, près de 77 % du lait produit en France est transformé en fromage, beurre ou poudre lactée destinés à l'industrie agroalimentaire. C'est pourquoi nous proposons d'aller plus loin, non pas pour rejeter celles et ceux qui font déjà des efforts, mais parce que passer au 100 % végétal libère l'assiette de ces ingrédients invisibles, pour une alimentation plus saine, plus juste et plus cohérente avec les enjeux écologiques et éthiques auxquels nous faisons face.
Des ateliers pédagogiques honnêtes, en lien avec les associations locales, expliqueront aux enfants ce qui se passe dans les élevages et les abattoirs, tout en valorisant les alternatives végétales, joyeuses, colorées et savoureuses. Il ne s'agit pas de leur faire peur, mais de leur offrir la vérité.
Un soutien prioritaire aux maraudes végétales. Derrière chaque produit animal distribué se cache une chaîne d'exploitation : des travailleurs souvent migrants, sous-payés et exposés aux pesticides produisent cette viande, ces œufs ou ce lait. En distribuant ces produits, même avec bonne intention, on perpétue la demande qui justifie leur exploitation. Offrir des repas 100 % végétaux, riches en légumineuses, céréales complètes et légumes de saison, c'est nourrir dignement les plus précaires tout en refusant de reproduire les causes de la crise. À Saint-Ouen, nous ferons de la solidarité écologique, pas de la charité au détriment du vivant.
Un accompagnement des traditions culinaires végétales. Les cuisines africaines, moyen-orientales, méditerranéennes, asiatiques et latino-américaines sont historiquement majoritairement végétales. Nous soutiendrons les associations qui transmettent ces recettes et lèveront la peur du « manque » de protéines ou de fer, souvent injustifiée. Ces traditions sont naturellement équilibrées, riches en fibres, antioxydants et nutriments essentiels. Les faire revivre, c'est redonner aux habitants le pouvoir de leur propre alimentation, en reconnectant santé, culture et justice sociale.
Pourquoi l'alimentation est le levier prioritaire ?
On entend souvent que le transport, la rénovation thermique ou la végétalisation urbaine sont les solutions prioritaires face à la crise écologique. Ces actions sont nécessaires, mais aucune ne s'attaque à la cause profonde du dérèglement : notre système alimentaire industriel centré sur l'élevage.
L'élevage est responsable de 80 % de la déforestation en Amazonie. Chaque année, 10 millions d'hectares de forêts disparaissent dans le monde, et la majorité sert à produire du soja destiné à l'alimentation animale en Europe et en Asie. Or les forêts sont des puits de carbone essentiels : leur destruction libère du CO₂ et prive la planète d'un régulateur climatique vital.
Les océans absorbent 30 % du CO₂ humain et plus de 90 % de la chaleur excédentaire. Pourtant, 37 % des stocks de poissons mondiaux sont surexploités, et 20 millions de tonnes de poissons par an sont broyées en farine pour nourrir les animaux d'élevage. Le plancton, qui produit 50 % de l'oxygène mondial, a perdu 40 % de sa biomasse depuis 1950.
L'élevage occupe 77 % des terres agricoles mondiales pour ne fournir que 18 % des calories et 37 % des protéines consommées (Poore & Nemecek, Science, 2018). Selon l'IPBES, l'agriculture animale est le premier facteur de disparition des espèces terrestres. En 50 ans, 68 % des populations de vertébrés sauvages ont disparu, principalement à cause de la conversion des habitats naturels en pâturages ou cultures fourragères.
Les sols sains stockent trois fois plus de carbone que l'atmosphère. Or l'élevage intensif accélère leur érosion, leur compaction et leur appauvrissement, libérant du CO₂ tout en réduisant la capacité de séquestration. Enfin, l'élevage représente jusqu'à 30 % de la consommation d'eau douce dans les pays industrialisés, asséchant des nappes phréatiques qui ne se reconstituent plus assez vite.
Ces cinq crises, forêts, océans, biodiversité, sols, eau, convergent vers une même cause. Les détruire, c'est accélérer le dérèglement bien au-delà des seules émissions de gaz à effet de serre.
Une transition qui libère, pas qui contraint.
Passer d'un modèle centré sur l'élevage à une agriculture diversifiée fondée sur les légumineuses, les céréales complètes et les légumes de saison permet aux agriculteurs de sortir de la dépendance aux intrants coûteux et de reprendre leur autonomie. L'INRAE montre que les exploitations françaises en transition vers le végétal voient leurs coûts de production baisser de 20 à 40 % en cinq ans, sans perte de revenu. Une agriculture végétale n'est pas un idéalisme : c'est une économie du réel, juste, sobre et durable.
Sur le plan de la santé, les produits animaux contiennent des graisses saturées, du cholestérol et souvent des résidus d'antibiotiques. Leur consommation est associée à une inflammation chronique et à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers (OMS, CIRC, 2015). À l'inverse, la plus grande organisation mondiale de diététiciens, l'Academy of Nutrition and Dietetics, affirme que les régimes végétaux bien planifiés sont sains et nutritionnellement adéquats à toutes les étapes de la vie, y compris chez les enfants.
Contrairement à ce que certains croient, le végétal n'est pas une mode occidentale. Ce sont les politiques coloniales, puis l'industrialisation agroalimentaire, qui ont imposé la viande comme symbole de « progrès », dévalorisant les savoirs culinaires locaux. Réhabiliter le végétal, c'est aussi réparer une injustice culturelle.
Nous ne faisons pas de l'écologie décorative. Nous faisons de l'écologie populaire : celle qui protège les habitants, les animaux, les sols, les océans, et qui commence dans l'assiette.
Ludovic Noble, Chef de liste de La Révolution écologique (La Rev), Saint-Ouen, février 2026 & la liste "Pour Saint-Ouen"

